Le mot du Président

François Scheefer :

En France, la loi du 4 mars 2002 est venue mettre l’accent sur l’égalité de principe entre les parents, venant ainsi garantir des principes fondamentaux de coparentalité dans les relations familiales, affirmant la co-titularité de l’autorité parentale.

Et pourtant… Combien de milliers d’enfants se trouvent arbitrairement privés de l’un de leurs deux parents ? Dans ces conditions, la résidence alternée se trouve ainsi néantisée et ces milliers d’enfants anormalement « orphelins de père », ou « orphelins de mère » risquent, bien plus encore que les autres, de subir un phénomène d’emprise (Ce qui est plus concrètement appelé « phénomène d’aliénation parentale ». L’Enfant est alors contraint petit à petit à négliger, voire « oublier » l’autre parent (Même si généralement il ne l’oublie pas), celui qui devient absent, bien malgré lui, n’ayant alors plus qu’une seule référence, celle du parent qui s’est arbitrairement « approprié » l’enfant, devenu un parent déloyal et aliénant.


Selon le degré et la fréquence des manipulations exercées sur l’enfant, la fabrication de faux souvenirs et le discours alors rabâché à l’enfant, ce dernier risque donc de ne plus oser se rapprocher du parent aliéné et peut aller jusqu’à se mettre à le dénigrer puis à le ternir de manière totalement infondée, afin de plaire au parent aliénant, devenu la seule référence installée dans sa vie depuis la soudaine « disparition » de l’autre parent, sans compter l’instinct de survie auquel l’enfant doit par conséquent se rattacher, le parent aliénant étant dans ces conditions sa seule ressource.
Dans d’autres cas où le parent aliéné réussit encore à entrer en contact avec l’enfant, ce dernier, pour les mêmes raisons d’emprise, se trouve habituellement, à un moment ou un autre, contraint à devoir choisir entre l’un de ses deux parents, ce qui représente, là aussi, une totale opposition avec le développement harmonieux de son bien-être émotionnel. L’enfant aliéné sent alors qu’il doit « choisir » (Un « choix » qui n’en est pas un car totalement induit et par conséquent non-libre) le camp du parent aliénant, car c’est lui qui a le pouvoir en main et sa survie dont il dépend.


A ce jour, la loi du 4 mars 2002 ne fait aucune référence à ces phénomènes d’emprise. Quelques tribunaux commencent enfin à les découvrir vraiment. Quelques juges courageux les ont intégrés dans leur réflexion avant de prendre des décisions importantes impliquant l’avenir de l’enfant. Mais rappelons tout de même qu’aujourd’hui encore trop de T.G.I. restent frileux, malgré la jurisprudence de plus en plus étoffée apportée à ce sujet (La Cour de Cassation, mais aussi et surtout la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui est venue plusieurs fois reconnaître l’inadmissibilité de telles manipulations psychologiques et mentales imposées à l’enfant). Même si le sujet reste largement débattu, il ne peut être ignoré. Et quoi qu’on en dise, en cas de séparation parentale, la manipulation psychologique sur l’enfant, des Dans la pratique, un bon nombre de pères reste assez souvent victime de discrimination à ce sujet en cas de séparation (Mais ne négligeons pas le fait que des mères peuvent l’être tout autant), d’où, depuis pas mal d’années maintenant, l’existence d’une vaste mosaïque d’associations et aussi de la prise de position d’un certain nombre d’élus (Encore trop rares en France) à ce sujet, afin de tenter d’obtenir l’application totale, et sans aucune discrimination, de cette loi, une loi qui pourrait  permettre alors à bien plus d’enfants de pouvoir bénéficier de la résidence alternée, si, bien entendu, celle-ci est géographiquement et matériellement réalisable.

Rappelons qu’un certain nombre de conventions internationales invitaient déjà, bien avant cette loi du 4 mars 2002, les parents séparés, mais aussi les institutions judiciaires à ne pas isoler l’enfant de ses parents, ni même de l’un de ses deux parents :

L’article 9 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : « Les États parties respectent le droit de l'enfant séparé de ses deux parents ou de l'un d'eux d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec ses deux parents, sauf si cela est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant ».

L’article 18 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant : « Les États parties s'emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d'élever l'enfant et d'assurer son développement ».

L’article 8 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales :« Toute personne a droit au respect de sa vie familiale… ».

A cette convention, il est également utile de rappeler l'existence de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée à Paris le 10 décembre 1948 (A commencer par ses articles 5, 7, 8 et 12).

De plus, en cas de déplacement de l’enfant, l’isolant de l’autre parent, l’article 21 de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l’enlèvement international d’enfants (Incluant l’entretien personnel de relations entre l’enfant et ses ascendants) prévoit : « Une demande visant l'organisation ou la protection de l'exercice effectif d'un droit de visite peut être adressée à l'Autorité centrale d'un Etat contractant selon les mêmes modalités qu'une demande visant au retour de l'enfant.

Les Autorités centrales sont liées par les obligations de coopération… pour assurer l'exercice paisible du droit de visite et l'accomplissement de toute condition à laquelle l'exercice de ce droit serait soumis, et pour que soient levés, dans toute la mesure du possible, les obstacles de nature à s'y opposer. »

Cette mesure doit permettre à l’enfant de ne pas perdre contact avec l’autre parent et de pouvoir partager de longs moments de vie avec ses deux parents.

L’article 7 de cette même Convention de La Haye du 25 octobre 1980  stipule également : « Les Autorités centrales doivent coopérer entre elles et promouvoir une collaboration entre les autorités compétentes dans leurs Etats respectifs, pour assurer le retour immédiat des enfants et réaliser les autres objectifs de la présente Convention.

En particulier, soit directement, soit avec le concours de tout intermédiaire, elles doivent prendre toutes les mesures appropriées afin de… Permettre l'organisation ou l'exercice effectif du droit de visite (f)…

Et de son côté, le Code Civil français précise :

L’article 372 du C.C. : « Le père et la mère exercent en commun l’autorité parentale ».

L’article 373-2 du C.C. : « La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l’exercice de l’autorité parentale. Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent ».

L’article 371-4 du C. C. : « L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants ».

Malgré cet arsenal de textes et d'articles de lois des milliers d’enfants se trouvent arbitrairement privés de l’un de leurs deux parents...

Même si le débat reste bouillant à propos des bienfaits ou non de la résidence alternée, il apparaît, afin d’éviter d’en arriver à des situations catastrophiques, afin d’éviter de lourds conflits de loyauté à l’enfant et des manipulations dont il peut devenir inexorablement victime, la résidence alternée peut alors désamorcer bien des méfaits de l’aliénation parentale opérée, même si les parents ne s’entendent pas (Il faudra bien qu'ils communiquent pour le bien de l'enfant).
Elle permet alors à l’enfant d’acquérir plus d’expérience de vécu au quotidien avec ses deux parents, séparément, et peut dans ces conditions lui permettre d’être davantage préparé à répondre aux critiques formulées par l’un des parents à propos de l’autre et d’être plus à même de reconnaître ce qui est vrai ou non. Avec la résidence alternée, l’emprise et les manipulations deviennent souvent plus difficiles à opérer pour un parent dit aliénant.

 

Certes, il n’existe aucune recette miracle, sinon, nous la partagerions, avec une immense joie, avec vous, mais sachez que dans tous les cas, il faut rester avant tout, un parent aimant, un parent intègre et respectueux et surtout ne jamais perdre l’espoir qu’un jour meilleur viendra, tant pour vos enfants que pour vous-mêmes. L’aliénation parentale ne doit pas être une fatalité. Cette épreuve peut être vaincue. Il faut avant tout y croire.
L’association est là pour tenter, dans la mesure de ses moyens, de vous aider à y croire et d’avancer positivement et surtout de ne pas abandonner (Vos enfants et vous-mêmes).

Lorsque l’on est parent, c’est pour toute la vie.

Les terribles conséquences de l’aliénation parentale et ses chapelets de mensonges sont comme l’hiver, ils recouvrent la vérité et nos espoirs d’un épais manteau, mais l’été revient toujours…  

Il faut garder espoir...

L'association y travaille et met tout son possible pour que cet espoir, ces espoirs deviennent des réalités. 
 
Tout son travail permettra, c'est notre infime espoir, de pouvoir offrir, aussi vite que possible, un monde meilleur à nos enfants où ils ne seront plus ou pas des orphelins de mère ou de père parce que la justice n'aura pas su protéger leurs droits fondamentaux, à commencer par celui de la vie de famille, malgré la séparation parentale. 
A nous tous d'oeuver dans ce sens. On compte sur chacun d'entre vous, parents, grands-parents, citoyens, élus, ex-victimes d'aliénation parentale, professionnels de la justice, de la santé, travailleurs sociaux, toutes et tous...

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