Témoignages

Témoignages et appel à témoignage

Fin 2013, nous avions proposé d’interpeller les institutions psychiatriques et médicales afin de faire inscrire l’Aliénation Parentale dans un prochain DSM (Diagnostic and Statistical Manual = Manuel Américain de Définition et de Classification des maladies et troubles psychiatriques) outil de classification qui représente le résultat des efforts poursuivis depuis une trentaine d’année aux Etats Unis pour définir de plus en plus précisément les troubles mentaux ou dans un prochain CIM (Classification Internationale des Maladies) de l’O.M.S. afin de donner aux magistrats une référence internationale pour prendre des décisions adaptées afin de protéger l’enfant lors des divorces ou séparations conflictuelles.

Aussi, vos témoignages sont utiles. Parents et grands parents qui vivent privés de leurs enfants et de leurs petits enfants, alors qu’ils n’ont en rien démérité dans leurs responsabilités parentales, doivent témoigner.

Ainsi, une sorte de «  LIVRE NOIR » de l’Aliénation Parentale dont sont victimes les parents, mères et pères, grands-parents,…pourra être présenté aux professionnels et faire évoluer la classification de ce fléau ; un témoignage pouvant briser – dignement et sans haine – le mur de la souffrance, du remord et de la honte qui enferme le « parent » exclu dans une douloureuse solitude et affecte terriblement l’enfant victime de l’aliénation parentale.

Témoignages recueillis mois après mois...

Le témoignage de Clémentine :

Suite à un divorce difficile par consentement mutuel, Monsieur a obtenu un droit de garde alternée pour une période probatoire de 6 mois afin de voir comment cela pouvait se passer.

Aujourd’hui, mes filles partagent leur temps avec leur père puis avec leur mère, une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre.

Monsieur ne doit certainement pas être satisfait de sa victoire, puisque aujourd’hui, les propos qu’il tient à mon égard et ceux de mes proches ne concernent que des dénigrements allant même jusqu’à dire aux enfants qu’ils n’ont pas à appeler les gens qui m’entourent de tata, etc . . .

Les enfants entendent régulièrement leur père dire que je suis une salope, une manipulatrice, une menteuse et j’en passe . . . propos rapportés par les enfants.

Quant à moi, je n’ai nullement l’intention de priver nos enfants de leur père, car il les aime et les enfants l’aiment, et qu’ils ont besoin d’un père et d’une mère.

 

Le témoignage de Pascal :

Aline a perdu beaucoup de poids donc elle a été hospitalisée en 2014 dans un Centre Hospitalier.

Le premier jour j’ai appris que ma fille en accord avec sa mère a décidé de maigrir donc elle a restreint toute son alimentation. Aujourd'hui elle a perdu plus de 20 kg et elle n’arrive plus à remonter la pente.

Nous avons été reçus dans un premier temps, à trois, par une psy et une diététicienne, puis mon ex et moi sans Aline.

Pascal à la psy : «  Moi je n’ai rien à cacher pour la bonne marche des choses, pour que Aline ne souffre pas de la séparation. Vous savez maintenant le dialogue est possible mais avant ça ne l’était pas, car j’ai eu un divorce difficile,  et malheureusement dans mon enfance j’ai été abusé donc Madame s’est servi de ça et a dit que j’étais un pédophile. »

La psy à Pascal : « mais ça va, vous avez été suivi ? »

Pascal à la psy : «  oui bien sur, mais ma fille n’en sait rien ».

Madame à la psy : « si, si, moi je n’ai pas confiance en toi ni en la justice, ma fille c’est toute ma vie, elle le sait, je lui ai dit que son père était un pédophile. Chaque fois qu’elle va chez son père, je lui demande si il lui a caressé les fesses ou autre. Tu sais, si il fait cela, il faut me le dire »

Pascal à lui-même : « j’ai cru que j’allais la démolir. »

La psy à Madame : « et votre fille vous dit quoi ? »

Madame à la psy : «   ma fille me dit d’arrêter de dire cela sur mon père, il est gentil, il ne m’a jamais rien fait. Tu sais bien, si il serait comme ça je n’irai plus le voir. »

La psy à Pascal : «  et vous monsieur vous en penser quoi ? »

Pascal à la psy : « c’est une honte de monter Aline contre moi, cela s’appelle de l’Aliénation Parentale.»

La psy à Madame : « oui, vous n’auriez pas du réagir comme cela, maintenant, Madame, il va falloir penser à lâcher un peu plus votre fille, on se revoit demain. »

Nous avons revu la psy le lendemain.

La psy à Pascal : « comment vous avez vécu tout ce qui s’est dit hier ? »

Pascal à la psy : « très, très mal. »

La psy à Madame : « et vous madame ? »

Madame à la psy : «   moi, ça va  . . . »

La psy à Madame : « Madame, votre fille avait quelle âge quand vous le lui avez dit ? »

Madame à la psy : «  9 ans »

C’est alors que j’ai bondi : « elle avait 9 ans à l’époque, cela ne m’étonne pas qu’Aline ne va pas bien.»

Madame à la psy : «  ma fille va très bien. »

Sur ces dires, la psy a dit que ce serait bien de faire une thérapie  familiale.

Pascal à la psy : « oui, pour le bien d’Aline. »

Madame à la psy : « moi, je n’ai plus rien à voir avec ce monsieur »

La psy à Pascal : « monsieur il ne faut pas rester comme cela, il va falloir que vous expliquiez à Aline tous vos problèmes, maintenant elle va comprendre mieux, il ne faut pas laisser Aline comme ça, c’est à vous que cela est arrivé, pas a sa maman. »

 

Le témoignage de Pierre :

Une de mes filles, à l’époque âgée de 18 ans, devait passer son après midi du samedi chez des copines à une cinquantaine de kilomètres de son habitation, et n’ayant pas le permis, m’a demandé d’aller la chercher pour la ramener chez elle

Avant d’aller la chercher, je passe chez mon ex femme, qui me demande si je vais bien chercher notre fille, et suite à ma réponse affirmative, elle me rétorque : « tu vas avoir des comptes à régler avec ta fille ! . . . »

 

Témoignage de Marc :

Quelques exemples affectant ma fille, au fur et à mesure du temps, semant le trouble, le doute dans son esprit ainsi manipulé par sa mère.

 

1) Ma fille n’avait pas encore quatre ans quand elle a entendu pour le première fois de la bouche de sa mère : « Ton père est un être dangereux, c’est pour cela que je veux le tuer. Mais maman ne peut pas le faire elle-même, car elle ne veut pas aller en prison ! »

Depuis, cette volonté de tuer le père, s’est répétée régulièrement au fil des années, un message odieux rabâché sans relâche. 

 

2) Ma fille, à partir de l’âge de quatre ans, a été forcée d’appeler « papa », le compagnon de sa mère. Cela a créé pour elle de nombreux doutes, ne sachant plus vraiment qui était qui.

Cette obligation s’est accentuée par une pression psychologique forte, menée tant par sa mère, mon ex-femme, que par le nouveau compagnon de celle-ci.

Ma fille a donc plié, n’ayant pas d’autre choix. Etant un peu plus grande, elle a bien entendu compris qui était son vrai père.

Mais il n’empêche que lorsque les droits de visite et d’hébergement ont tous été violés pour de bon par sa mère, elle a finalement répondu, étant de plus entièrement résignée, compte tenu des menaces et des représailles que sa mère aurait tenues sur elle, qu’elle avait donc un autre père pour remplacer son vrai père…

 

3) Depuis que ma fille a cinq ou six ans (Elle va avoir quinze ans cette année), elle n’a cessé d’entendre de la bouche-même de sa mère, puis du compagnon de celle-ci : « Ton père est un fou, c’est un malade mental ! »

Ce discours, la mère de notre fille n’a jamais cessé de le tenir également devant les autorités et même dans ses propres courriers, des propos diffamatoires que personne n’a relevés, car personne n’y a cru (Dans le même temps, les autorités n’ont jamais voulu effectuer le moindre bilan psychiatrique que j’avais légitimement demandé, tant pour mon ex-femme, ma fille et pour moi-même, ni même permis la moindre médiation d’être menée, compte tenu des refus systématiques de mon ex-femme)

Mais pour ma fille, ce discours destructeur, répété, sans relâche, au fil du temps, l’a profondément marquée, en raison de son jeune âge.

En 2008, après deux années entières de violations totales des droits de visite et d’hébergement, ma fille (en présence d’un psychologue) me demanda de suite en me revoyant pour la première fois : « Dis papa, est-ce que c’est vrai que tu es malade de la tête ? » Suite à la réponse négative, elle ajouta d’emblée : « Je le savais… ! Je savais bien que tu n’étais pas malade de la tête ! »

Et pourtant, plus tard, suite à de nouvelles violations répétées de l’ensemble des droits de visite et d’hébergement, ma fille, entendant toujours, encore et encore, les mêmes propos mensongers, répétés sans cesse et sans vergogne, un véritable matraquage, elle s’est donc remise à douter…

 

4) Ma fille, depuis qu’elle a fêté ses six ans environ, elle a été forcée, à plusieurs reprises, par sa mère, de raconter tout et n’importe quoi, afin de soutenir les propos de sa propre mère devant un certain nombre d’interlocuteurs (Psychologues, assistantes sociales, amis et membres de la famille maternelle).

Aussi, la fabrication de faux souvenirs s’est donc installée pour répondre aux exigences de sa mère. Ma fille elle-même s’en est à plusieurs fois confiée à moi plus tard, racontant les mensonges, parfois grotesques, que sa mère avait exigés de sa part pour tenter de me salir, moi son père, de me faire passer pour un taré, un malade mental, rendant ainsi notre fille complice de graves mensonges et de calomnies. Parfois, lorsque ma fille fut plus âgée, réalisant ce que sa mère lui demandait, elle eut bien du mal à ne pas la « trahir » et donc refuser de mentir pour elle, expliqua-elle à l’âge de douze ans, compte tenu des menaces et des promesses de représailles si elle ne lui obéissait pas au doigt et à l’œil !

Cette situation répétée a profondément marqué ma fille. Aujourd’hui, cela doit fortement lui peser, car elle sait que je sais qu’elle a menti… Elle eut beau être consciente de ces abus imposés, mais il est arrivé un moment, au cours de l’été 2012, où elle a de nouveau basculé dans le « jeu pervers » imposé par sa mère et dont elle n’a pas encore réussi à se débarrasser, étant gravement victime d’une terrible emprise exercée sur elle !

 

5) Durant des années, lorsque ma fille repartait en classe le lundi matin après avoir passé le week-end chez moi, son père, elle a subi des réflexions à nouveau répétées, affligeantes et avilissantes, de la part de sa mère et du compagnon de celle-ci. Ainsi, après l’école, ma fille rentrait chez sa mère et systématiquement elle subit les affronts de celle-ci, repris ensuite par le compagnon : « On voit que tu reviens de chez ton père, tu pues l’odeur de son affreux parfum ! Change immédiatement de vêtements ! » (Le parfum en question n’est nullement reconnaissable par mon ex-femme et elle ne peut en aucun cas l’associer à moi, car depuis la séparation, il a été changé !)

Puis : « Tu pues ! Va immédiatement changer tes habits, même les sous-vêtements, car cette abominable odeur de ton père est insupportable ! » (Ma fille n’a jamais quitté mon domicile, à l’issue de nos week-ends, sans avoir remis des vêtements et sous-vêtements propres, lavés et repassés.)

Puis encore : « Dégage de là ! Va immédiatement sous la douche et change tous tes vêtements ensuite ! Les habits qui puent, va les mettre tout de suite dans la machine à laver ! L’odeur répugnante de ton père, que tu ne cesses de porter sur toi, est vraiment insupportable et infecte ! »

Ce type de discours, ma fille l’a maintes fois entendu.

Troublée, elle a demandé à maintes reprises à ses copines, en arrivant à l’école le lundi-matin, après m’avoir quitté, si elle sentait mauvais. A chaque fois, les copines lui ont répondu que non, absolument pas, et affirmaient à chaque fois qu’elle sentait vraiment bon !

Elle en fit de même auprès de son demi petit frère en rentrant à la maison, chez sa mère, qui confirma, lui aussi, sa bonne et agréable odeur !

Ma fille est restée profondément marquée par ces réflexions mensongères et dégradantes, répétées au fil des années.

 

LETTRE D’UN PAPA A SA FILLE :

« A ma fille,

Il y a 32 ans, un 16 Février 1982, dans une maternité, naissait une jolie petite fille. Le personnel de la maternité venait des autres étages pour venir admirer la jolie petite fille, elle était menue, petite et très mignonne, elle était déjà très sage et dormait presque toujours, un an et demi après la venue au monde de « mon petit gars », elle faisait la joie de ses deux parents.

Je m’en souviens comme si c’était hier.

JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS, JE N’OUBLIERAIS CES MERVEILLEUX ET DOUX MOMENTS DE BONHEUR.

Malheureusement, un divorce et beaucoup de rancœurs sont venus ternir ces beaux souvenirs.

POURQUOI TANT DE HAINE   ?  ?   ?      POURQUOI NE PAS PARDONNER   ?   ?   ?

Aujourd’hui, ma petite fille, je ne te vois plus, je ne sais pas ou tu vis, ce que tu vis, comment vont tes enfants, mes petits enfants, mais je pense beaucoup à vous.

Sache ma petite fille, que JAMAIS, JAMAIS, je ne vous oublierai, il n’y a pas un seul jour ou je ne pense pas à mes enfants et mes petits enfants.

Ce que m’a appris la vie et ses difficultés, c’est qu’il ne faut pas hésiter à dire «  je t’aime » aux personnes qui nous sont chères, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD.

Je m’aperçois aujourd’hui, alors que je ne vous vois plus, que je ne vous ai pas assez dit « je vous aime ».

Vous ne savez pas à quel point ce mot d’amour «  PAPA », est le mot qui me manque le plus.

J’espère que tu es heureuse, et que tu as trouvé un homme qui t’aime, aussi au lieu de vivre cette vie séparé l’un de l’autre, essayons d’ouvrir notre cœur, au lieu de nourrir la haine. La vie est courte, les jours passent, l’indifférence se creuse, essayons de vivre aujourd’hui des moments de tendresse, d’amour et de complicité qui nous manquent à tous les deux.

Je reste ouvert à toute discussion, si tu le souhaites, et saches que si un jour tu changes d’avis et revoir ton père ma porte reste toujours ouverte, pour toi même, ton frère et tes deux sœurs, je suis et serai toujours là pour vous, car, chaque jour passé loin de ceux qu’on aime est un jour perdu.

JOYEUX ANNIVERSAIRE MA PETITE FILLE,

TON PAPA QUI T’AIME. »

 

LE TEMOIGNAGE DE SYLVIE QUI FUT VICTIME DURANT SES JEUNES ANNEES :

L'enfant vit l'exclusion de son parent dans le silence, la solitude et la souffrance. Qui y prend garde ? Qui s'y intéresse ? Il n'a personne à qui se confier, il attend. Il attend que cesse le dénigrement, il rêve d'embrasser l'absent, ou bien, s'il désespère trop de pouvoir le faire, il doute, il se rallie à son parent manipulateur, il renonce définitivement à espérer, à rêver, son amour filial s'étiole. À force d'entendre des mensonges sur son parent évincé qu'il n'est pas en mesure de vérifier, il se détournera de lui. À force d'entendre son parent manipulateur se plaindre, il cherchera à lui faire plaisir et à le protéger.

Le parent victime n'est pas préparé à vivre le choc de la séparation de cette manière et la dépossession de son rôle paternel.

Après la séparation de nos parents, nous avons été confiées, mes deux sœurs et moi, à notre mère. Aux yeux de tous, elle passait pour une bonne mère, courageuse, aimante. Mais elle était une excellente manipulatrice, cultivée et intelligente, elle a su piéger tout son monde, y compris la justice et les professionnels de l'enfance qui raisonnaient trop légèrement.

Notre père perdit son identité : le mot "Papa" disparut de notre vocabulaire, selon la volonté maternelle. Il devint "Le Bouc" et toute sa famille fut affublée d'un sobriquet dégradant. En cas de manquement à ces consignes injurieuses, elles nous étaient rappelées à coups de taloches bien appliquées.

Subitement, notre père était devenu le pire des salauds, un monstre dont il fallait se méfier. Sa famille était accablée, tous des moins que rien. La rengaine était ressassée chaque jour, elle entrait dans nos esprits. Notre mère décida qu'il fallait faire comme s'il était mort, qu'il ne devait plus compter pour nous et elle s'ingénia à le faire sortir de nos mémoires, à nous vider le cerveau de lui, en le dévalorisant et en usant de sous-entendus que nous déformions selon notre compréhension des choses. Pour semer le doute en nous, elle affirmait que nous étions trop petites pour savoir tout ce qu'il nous a fait (à nous quatre) et que si nous savions, nous ne voudrions plus en entendre parler. Elle s'est acharnée à détruire son image et celle de notre famille paternelle en usant de violence envers nous.

Elle lui refusait la plupart de ses droits de visite, excepté lorsqu'elle nous chargeait de lui faire des vacheries, elle ne manquait pas d'imagination en la matière. Petites, nous les exécutions pour nous attirer ses bonnes grâces et un minimum de considération. Pour qu'elle nous aime un peu. Elle nous félicitait lorsque nous lui décrivions comment il les avait reçues. Il parcourait 300 kilomètres pour voir ses filles un week-end sur deux. Il attendait plus d’une heure dans la voiture et refaisait la plupart du temps les 300 kilomètres dans le sens inverse sans avoir pu les embrasser. Notre mère l’espionnait et ricanait en l’insultant à travers les volets mi-clos. Nous assistions à ce déversement de haine. Parfois la police frappait à notre porte, je me cachais sous la table pour qu’elle ne me trouve pas si la serrure cédait. Elle ne faisait que frapper à la porte. D’autres fois, un huissier venait constater la Non présentation d’enfants. Rien de plus.

Nous étions obligées d'écrire à notre père des lettres insolentes sous la dictée assortie de menaces, d'humiliations, de coups et de tirage de cheveux qui me provoquait des plaques de pelade.

Lorsqu'il avait la chance de nous voir, il ne relevait pas nos impertinences, il avait compris depuis longtemps que nous étions manipulées. Il nous laissait grandir en espérant que nous nous rendrions compte de la situation. Jamais il ne disait du mal de notre mère. Mais un jour, afin de protéger son nouveau couple et ne pas nous casser davantage (nous subissions des violences physiques et verbales avant et après ses visites), il a cessé de nous voir.

Le comportement de notre mère l'a rendu malade. Elle nous disait qu'il allait crever et que nous serions vite débarrassées de lui ; dans ma famille paternelle, j'entendais qu'il était malade à cause de nous. En grandissant, la culpabilité m'a envahie, le dégoût de moi, l'envie de disparaître, toute une panoplie d'attitudes déviantes.

Nous avions chacune des rôles différents à jouer pour contribuer à le détruire : ma seconde sœur et moi-même subissions des violences physiques et verbales, évidemment insupportables à notre père, et notre sœur aînée devait rapporter la façon dont il recevait les vacheries qu’elle nous chargeait de lui transmettre pour se gausser de lui ensuite. Elle était aussi le baromètre de notre mère qui, en l’observant, savait jusqu’où elle pouvait aller dans sa violence envers nous deux. Notre sœur tirait quelques avantages de cette situation en confidences, gâteries, mieux-être, mais son rôle la détruisait tout autant que nous. En fait, quand notre mère nous frappait et nous insultait, c’était lui qu’elle frappait et insultait à travers nous. Elle agissait de sang-froid, sans aucune culpabilité, nous étions ses objets, ses armes pour cracher sa haine à son ex-mari.

Notre père savait que nous étions maltraitées, il implorait la justice d'agir, sa parole n'a jamais été prise en compte. Notre mère exerçait ses représailles en toute impunité. Devant la passivité des professionnels elle se sentait forte et invincible.

Malheureusement pour elle, nous nous souvenions de la gentillesse et de la bonté de notre père ce qui nous a préservées de l'aliénation mais ne nous a pas épargnées de la maltraitance jusqu'à ce que nous la quittions définitivement. En grandissant, vers l'âge de 14/15 ans je crois, j'ai compris qu'elle se servait de ses filles pour détruire son ex-mari selon l'objectif qu'elle s'était fixé et j'ai commencé à avoir un regard critique sur son comportement. Ma seconde sœur et moi étions rebelles à ses principes éducatifs. Craignant que nous parlions dans le voisinage elle nous a bloqué toute communication avec l'extérieur. Elle nous accompagnait partout. Ma sœur a pris des cours par correspondance pendant une année pour être empêchée de sortir. Nous ne recevions personne, le regard extérieur était considéré comme une intrusion dans notre vie privée. La maltraitance était bien cachée, absolument invisible.

Notre père a été dépossédé de son rôle d’éducateur. Il n’a eu son mot à dire ni dans les soins, ni dans la scolarité, il ne nous a pas accompagnées vers l’âge adulte. Il a été exclu des événements familiaux importants. Il a été « dans l’ignorance » de tout ce qui nous concernait. Lorsque nous avons repris contact avec lui, il ne tenait pas debout, miné par trop de peine. Il nous demandait des photos que je volais à ma mère pour qu’il se représente notre évolution durant son absence et pour les montrer à sa famille, fier d’avoir enfin été lavé de toutes calomnies.

Cessons de jouer sur les mots : l'aliénation parentale existe bien, le parent exclu existe bien lui aussi, il ne reste plus qu'à déjouer la manipulation afin que le manipulateur soit sanctionné. Il s'agit d'un exercice difficile, certes, l'aliénation et la violence se passent entre les murs, à l'abri du regard extérieur, mais il en va du respect des droits de l'enfant à entretenir des relations régulières avec ses deux parents et des droits de l'Homme en général.

 

LE TEMOIGNAGE DE BENOÎT, DEVENU GRAND...

Benoît a peu de souvenirs de ses parents vivant ensemble. Ceux-ci se sont séparés alors qu'il n'avait que 5 ans à peine. Bien sûr il lui restait quelques vagues souvenirs : des vacances à la plage, des visite au zoo, mais aussi et surtout des disputes infinies entre ses parents... Certes, il ne voyait plus aussi souvent son papa qu'auparavant, juste un week-end sur deux, mais ce temps-là était vraiment précieux.

Puis soudain, Benoît ne le vit plus. Personne dans la famille de sa maman n'était capable de lui dire pourquoi... Même si Benoît avait près de huit ans, il comprenait que quelque chose ne tournait pas rond. Quant à sa mère, cette dernière n'avait donné qu'une seule excuse, répétée jour après jour, puis mois après mois : "Ton père n'en a rien à foutre de toi !" Cette simple phrase assassine aux yeux de Benoît le perturbait. Il avait du mal à travailler à l'école, à maintenir son attention en classe, cherchant ce qu'il aurait pu faire ou dire de mal pour que son père ne veuille plus le voir.

Mais Benoît ne trouva aucune explication. Alors il garda l'espoir de recevoir un signe de son papa d'autant que son anniversaire approchait et qu'il lui avait promis de lui acheter un magnifique château fort à construire en Lego. Papa ne pourrait pas le trahir, Benoît en était certain. Alors il attendit, mais lorsque son anniversaire arriva, seule la famille de sa mère vint fêter l'événement. Pas un mot, pas une excuse, pas un seul château fort à l'horizon. Papa l'avait trahi. Une fois de plus, pour la énième fois la maman de Benoît lui répéta que son père n'en avait rien à foutre de lui et qu'il avait sûrement mieux à faire que de penser à eux...

A compter de ce jour, blessé au plus haut point, Benoît en voulut terriblement à son père, espérant même sa mort... De plus, sa maman, devenue une héroïne à ses yeux car elle, elle ne l'avait pas abandonné, sautait sur chaque occasion pour attiser cette rancune, cette colère, pour ne pas parler de haine à ce stade. Mais Benoît ne se rendit compte à aucun moment qu'en réalité sa mère mettait tout en oeuvre pour accentuer son état de colère, le rendant plus malheureux encore qu'il ne l'était déjà.

A aucun moment, la mère de Benoît ne chercha à le calmer, à lui donner la moindre explication, restant cantonnée dans ses déclarations identiques : "Ton père est un salaud. Ton père n'en a rien à faire de toi, il ne t'aime pas..."

Puis vint le temps du déménagement. En effet, la mère de Benoît voulait tourner la page et recommencer une nouvelle vie à 700 kilomètres de là, emmenant Benoît avec les meubles de la maison et fit découvrir au garçonnet qu'elle refaisait sa vie avec un monsieur qu'il n'avait jamais vu auparavant mais que visiblement sa maman connaissait for bien. 

Très vite, sa maman lui suggéra d'appeler "papa" le nouvel homme de sa vie, ce que Benoît eut malgré tout bien du mal à faire. Mais devant l'insistance de sa mère, devant les manigances et les influences psychologiques exercées par celle-ci, il céda, ayant malgré tout soudain le goût amer d'avoir lui aussi trahi... d'avoir trahi son papa, son vrai papa...

Tout allait trop vite, son papa avait disparu du jour au lendemain, sans la moindre explication, à part les mots blessant répétés sans relâche par sa mère, trois anniversaires et trois Noëls oubliés, un déménagement soudain l'obligeant à abandonner ses copains, les seuls qui pouvaient parfois le consoler, et ce type que maman lui avait imposé comme étant son nouveau papa...

Depuis qu'il était là, Benoît n'existait plus aux yeux de sa mère. Heureusement, il se fit de nouveaux copains au Sud de la France là où on l'avait emmené sans lui demander son avis. Son père restait le salaud de service, tant dans la bouche de sa mère que celle de son "nouveau père"... Il n'y avait rien d'autre à ajouter.

Il restait encore des cartons à ranger au grenier suite à l'emménagement, cartons qui encombrait encore le couloir après quatre mois de vie dans cette nouvelle maison. Benoît en avait marre de se cogner dessus lorsqu'il rejoignait sa chambre, alors pour montrer qu'il était l'homme de la maison et prouver à sa mère qu'il était fort, il décida de poser une échelle, d'ouvrir la trappe menant au grenier et d'y stocker ces cartons quelque peu encombrants. Mais voilà, l'un des cartons glissa de ses mains et vint s'écraser dans le couloir, mettant à jour quelques paquets emballés de papier cadeau, mais aussi des lettres, un tas de lettres...

Benoît réalisa soudain que les lettres en question lui étaient adressées, l'écriture de son père étant, de plus, facilement reconnaissable pour l'enfant...! Il s'empressa de déballer les paquets dissimulés dans le carton, puis s'attaqua aux autres cartons...Il y avait de colis pour Benoît à chaque anniversaire, y compris le château fort promis, mais aussi pour chacun des Noëls, pour la Saint-Benoît, le 11 juillet et même des confiseries pour Pâques...

Bouleversé, Benoît se rua sur les lettres et il les lut, une à une, découvrant avec stupeur que son père ne l'avait jamais oublié, qu'il était tout autant victime que lui de manipulations et d'abominables mensonges orchestrés par sa mère. Son père ne l'avait pas trahi et il n'avait jamais cessé de l'aimer.

Benoît comprit ce jour-là qu'il reverrait très bientôt son papa et lui dirait ô combien il l'aime... Il comprendra plus tard à quel point il fut victime de l'emprise de sa mère...

 

APPEL A TÉMOIGNAGE : A VOS PLUMES !

Nous comptons sur vous pour partager votre expérience, vos difficultés face à l’aliénation parentale dont vos enfants et/ou vos petits enfants sont malheureusement victimes.

Comme pour tous les témoignages présentés ci-dessus, les noms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat de chacun, enfants et adultes.

Enfant pri re papa 1

Sourire On compte vraiment sur vos témoignages ! D'avance merci...

Scream cartoon painting

Commentaires (4)

sylvie ouryoux
  • 1. sylvie ouryoux | 10/07/2016

Bonsoir, Mr le Président, Mr le vice-président, Mr le trésorier, et les deux dames qui étaient présentes en ce samedi matin, en ce 9 juin.

Une écoute, une impression que l'on parlait de la même chose, bien plus qu'une impression, une certitude.

Mon compagnon était "vidé" quand nous sommes rentrés, comme à chaque fois qu'il raconte son histoire.
J'ai trouvé dans cet échange verbal, une écoute où parfois c'était vous qui finissiez les phrases qu'il prononçait, car cela ne vous était pas inconnu. C'est assez troublant d'ailleurs, d'entendre ce schéma récurent.

J'ai d'ailleurs été assez frappée moi-même du fait que comme c'était moi l'instigatrice de cet échange, j'en ai appris d'autant plus de faits troublants alors que je sais qu'il n'a pas visité votre site, sinon en diagonale, et que j'ai retrouvé dans votre contenu des choses dont il m'avait parlé avec pudeur, et je sais qu'il n'a pas fait de plagia vis à vis de votre site, sur des situations que mon compagnon a vécu avec son fils aîné. On n'invente pas ces choses là.
Je tiens à présenter mes excuses à la jeune femme qui était à ma gauche lors de cette visite; je m'excuse que notre récit aie pu lui faire monter les larmes aux yeux, ce n'était pas le but de faire pleurer quiconque. Certaines situations racontées par Alain et moi lui ont fait résonance et je m'en excuse profondément auprès d'elle et de sa maman.
J'ai l'impression que nous étions, vous-Alain et moi, dans la même ligne de pensée.
Et j'avoue que cela fait du bien de se sentir en terrain connu, ou le moindre mot ou phrase raisonne de la même façon.
Je sais que les relations de mon compagnon et ses fils sont d'autant plus compliquées qu'ils sont autistes, et que dans un futur proche-moyen -long terme, il n'y aura pas beaucoup de solutions... l'autisme ne permettant pas une introspection d'eux-mêmes même dans un futur lointain.
Je sais seulement qu'en tant de compagne d'un parent aliéné, la peur de cette femme narcissique et aliènante ne me fait plus peur désormais.
J'ai accepté le fils de mon compagnon comme un membre de ma famille à part entière, et je me battrai pour qu'il le demeure. Maurice appelle ma maman: mamie Maggy, et c'est bien pour lui qui n'a pas de grand-mère. Je me battrai pour protéger cette relation aussi.

Nous allons rester en contact, il y aura peut-être des blancs ou des messages très proches, les événements nous les imposeront sans doute.

Merci à vous, à votre écoute.
Amicalement

Sylvie.

Nathalie
  • 2. Nathalie | 31/05/2016

Je voudrais que l'aliénation parentale soit reconnue comme un crime, que son auteur en soit reconnu coupable, et qu'il existe un statut de victime.

J'ai élevé mes deux enfants seule après avoir quitté le père de mon fils.
Il a fondé une autre famille et est parti à l'étranger pendant plusieurs années.
Malgré un jugement contraignant lui fixant un DEVOIR d'hébergement, j'ai passé 14 années à adapter ma vie et celle des enfants pour permettre à mon fils de le voir, le peu de temps qu'il lui accordait. Pourtant à chaque séjour il en profitait pour détruire mon image. Je ne supportais pas ses mensonges, et blessée, je me sentais obligée de tenter désespérément de rétablir la vérité.

Mon fils a commencé à avoir "des troubles du comportement", légers à quatre ans (j'étais seule à m'en apercevoir) puis plus sévères à 7 ans (exclusion de l'école). Je l'ai fait suivre par une pédo-psychiatre, mais la seule aide qui nous a été apportée a été de le confier à un ITEP. Personne n'a tenu compte de mes protestations sur le comportement de son père.
Une assistante sociale m'a dit que je n'avais qu'à saisir le juge pour lui retirer l'autorité parentale et les droits d'hébergement.

De mon côté j'estimais que mon fils avait "DROIT" à son père. Lui au contraire lui assénait qu'il voulait le voir davantage et que je l'en empêchais... Tout est devenu conflit avec mon fils : les repas, les vêtements, les horaires... Il pouvait être violent.

Ma fille est partie vivre chez mon père à 15 ans demi, ne supportant plus les tensions à la maison.
Mais la situation n'a fait qu'empirer avec mon fils. Il a demandé à vivre en famille d'accueil !
Il m'a raconté un jour au retour de chez son père, qu'il lui avait dit d'être tellement insupportable avec moi que je serais obligée de m'adresser à des professionnels pour l'élever. Sauf que nous n'avons reçu aucune aide dans notre relation de la part de ces professionnels. Les éducateurs se sont lassés face à son père, et les assistantes sociales nous ont trahies.

J'ai rencontré un homme que j'ai épousé. Mais le père de mon fils l'a détourné de cet homme. A son retour en France il a fait croire à mon fils qu'il pourrait vivre chez lui.
Ma demande d'aide auprès des services sociaux s'est soldée par un placement immédiat à la sortie de l'audience avec le juge !
Sur la seule version de mon fils de 14 ans et de son père, qui n'a jamais eu l'intention de le prendre, mais seulement de le séparer de moi.

Il vit depuis 3 ans dans une famille d'accueil à 400 km. Il a pris conscience des manipulations de son père, mais ma relation avec lui a été anéantie ! Nous en porterons les séquelles toute notre vie, car j'ai vécu le décès de ce fils.
La seule chose qui ait été "sauvée" dans ce drame est ma relation avec ma fille, qui tend à redevenir normale bien que son travail l'ait éloigné géographiquement.
Mon fils, ma fille (sa demi-sœur) et moi-même sommes des victimes du père de mon fils.

Bresson
  • 3. Bresson | 06/01/2016

bonsoir,
Je viens de passer devant le juge pour enfants ce matin... Mon objectif fut de pouvoir retrouver le droit d'être maman... Depuis le 10 juillet 2015, mes 3 enfants m'ont été retiré par mesure d'urgence. Je n'avais plus l'hébergement de mes enfants, juste le droit à une journée par semaine.
(A noté qu'une décision d'appel m'a fait bénéficier de les avoir pour les vacances de noël du 20 au 28 décembre)

Pourquoi une mesure d'urgence? tout c'est passé en semaine pair. Semaine où les enfants étaient chez monsieur. Celui-ci les a montré aux bonnes personnes...au bon moment. Deux personnes : éducatrice et psychologue ayant directement adressées un rapport à la Juge pour enfants pour violence psychologique, psychorigidité à mon encontre... Je suis convaincu que mes enfants ont menti sous influence... je n'ai pas su les protéger avant cela "maman papa veut qu'on dise que t'es méchante "...Je ne cesse de dire que mes enfants sont manipulés mais rien n'y fait personne n'entend ou ne veut entendre.

Aujourd'hui, voilà le verdict... les services sociaux, demandaient le placement des enfants à l'aide sociale à l'enfance .
Pour conflits majeur des parents et instrumentalisation ainsi que conflits de loyauté pour les enfants... Ils reconnaissent donc là une difficulté quant à l’hébergement chez monsieur... J'ai évidemment refusé cette option, demandant le placement à mon domicile.
Dans ce rapport et 6 mois après rien , aucun éléments n'est en ma défaveur. je reste qui je suis.
A l'inverse le papa est décrit comme fragile, dans le conflit... Et pendant que la juge nous fait sortir pour entendre mes enfants, moment ou je dis à mon avocate mon souhait que les enfants ne disent pas de propos influencés... Pas de surprise à notre retour... Pour mon ainé, "c'est bof avec le copain de maman et quand j'y suis je fais des cauchemars"... mon benjamin "je me suis battu avec le fils du copain de maman et son père a dit que c'est de ma faute" ... voilà à quoi c'est résumé les vacances chez maman? encore du négatif... mais pourquoi.... et de ce fait, les enfants ne viendront chez maman qu'un week end sur deux et moitié vacances... Ai-je à tout jamais perdu mes enfants? Que faire pour lutter contre l'aliénation parentale?

laulie rose
  • 4. laulie rose | 18/04/2015

Bonjour,
Mon témoignage d'ex-enfant victime d'aliénation parentale contre mon papa est relaté dans ce livre intitulé : "Papa où t'es?" (http://www.edilivre.com/papa-ou-t-es-laulie-rose.html).
"Élina a trois ans quand ses parents se séparent. Fragilisée par cette rupture qui la prive de son père, l’enfant se réfugie dans l’imaginaire pour oublier sa différence et faire taire ses angoisses. Élevée par une mère stricte et par un beau-père autoritaire, la petite fille esseulée nourrit le secret espoir de revoir un jour son « vrai papa »...
Dans son premier roman inspiré de sa propre vie, l’auteure dénonce les ravages silencieux de l’aliénation parentale dans l’esprit pur et innocent d’un enfant.
Plus qu’un témoignage, ce livre est un partage pour comprendre et aider."
Bien à vous, et courage à tous les parents privés de leur enfant.

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